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Episode 4

«Le vendredi matin, je savoure jusqu'à midi au lit ma première journée de vacances. Quel bonheur de pourvoir dormir et se relaxer aussi longtemps ! Mon emploi du temps m'indique qu'à cette heure-ci en période scolaire je serais en latin. Latin !!! Beurk. Un sourire de satisfaction se dessine sur mes lèvres et je me décide enfin à me lever. Première chose que je fais : allumer l'ordinateur et me connecter. Angie n'est pas encore, normal, elle ne se lèverait jamais si tôt ! J'ai la maison pour moi toute seule, mon père travaille et ma mère a emmené mon petit frère et ma petite s½ur faire les courses. Je vais donc me faire mon habituel café du matin et décide d'aller prendre un bain, pour me relaxer. Je vais le faire couler et y verse des huiles essentielles et des sels relaxants aux odeurs parfumées. Puis, un bon livre en main, je laisse glisser ma robe de chambre sur mes épaules et rentre doucement dans l'eau tiède. Je laisse échapper un soupir de soulagement : les vacances, ça a vraiment du bon, même si celles-ci ne durent qu'une semaine. Mais le téléphone sonne, merangeant dans ma rêverie matinale. Enfin... pas si matinale que ça, puisqu'il est une heure de l'après-midi. Je sors en vitesse de l'eau, trempant au passage l'intégralité de ma salle de bain, et descends les escaliers à toute blinde. Je finis par décrocher à la 15ème sonnerie.

« - Allô ?
- L
ena ? C'est toi ?
-
Ah, Clémence... Bien sûr, qui veux-tu que ce soit ? Le pape ?
- Ha ha ha...
- Bon, il se passe quoi de si urgent pour que tu me déranges à l'aube dans mon bain ?
- A l
'aube, non mais je rêve. Houston appelle la base, prière de redescendre sur la planète Terre !
-
Quel humour renversant... »

Tout
en parlant je retourne dans la salle de bain et rentre à nouveau dans mon bain en m'efforçant tant bien que mal de ne pas mouiller le combiné.

« -
Alors Lenouille, qu'est-ce que tu racontes ?
- Clémence, appelle –moi encore une fois comme ça et je t'appelle clémentine, ok ?
-
Roooh, t'énerves pas, c'est bon...
- G
rrmmph...
- B
ref, en fait c'était pour te dire que tu peux venir demain après-midi si ça te branche, mes parents sont d'ac. Ma mère a proposé de nous emmener en ville.
-
Géniaaaaal !!! Ouais et comment que j'marche ! Je viens à quelle heure ?
- Be
n comme tu veux, le matin, et tu manges chez moi ? Pour pas qu'on parte trop tard
-
On fait comme ça ! »

Je s
uis enchantée qu'elle vienne me changer les idées. Au moins je penserais moins à Angie. Ah, Angie... ! Cette fille, vraiment... Pffff, et toujours pas réussi à élucider le mystère du « suis-je amoureuse d'elle ? » complété par l'intrigue du « suis-je lesbienne ? », roman en 2 volumes pleins de questions à ras bord.
Bon, je sors à regret de mon bain. Je ferme mon livre et le pose délicatement sur le bord de la baignoire, quand je vois la porte s'entrebâiller. Une grosse silhouette poilue et se déplaçant à quatre pattes entre dans mon univers aquatique. Félix, mon chat à moitié obèse qui passe ses journées à manger et dormir, le tout en ronronnant en permanence.

« -F
élix, qu'est-ce que tu veux ? Non, Félix, ne... FELIX !!!!! Si tu grimpes sur cette baignoire je te jure que tu vas te retrouver à l'état de pantoufle plus vite qu'il ne te faut pour ingurgiter une gamelle de ton immonde pâté !!!! »

Bien s
ûr cet imbécile pataud de service ne m'écoute pas et ça ne lui viendrait même pas à l'esprit de me répondre à ce malpoli. Plouf ! Mon livre tombe à l'eau et je n'ai même pas le temps de prendre mon souffle pour lui hurler dessus qu'un « glou glou glou » emporte le téléphone dans les abysses de la baignoire. Ce chat m'étonnera toujours, je pense qu'il mérite un prix Nobel de connerie après le geste qui suit : comme s'il voulait repêcher mon illustre bouquin et le téléphone noyé, il plonge sa patte dans l'eau. Or rien que sa patte doit peser au bas mot 2 kilos, et l'entraîne donc à son tour dans la flotte. Je suis morte de rire devant ce spectacle de mon sumo de chat essayant vaguement de nager au milieu d'un livre trempé et d'un téléphone noyé qui, effectivement, va pleurer au moins autant que ma mère quand elle le découvrira. Mais quand Félix s'accroche à l'aide de ses griffes enfouies quelque part sous la graisse et que cette découverte archéologique s'enfonce dans mes pauvres cuisses meurtries, c'est tout de suite beaucoup moins drôle.
Je
suis en train de hurler à la mort quand j'entends une voiture entrer dans la cour. Je repêche le téléphone et le livre que je pose sur le radiateur, puis pour finir le chat. Je le pose sur le tapis et il se met à cracher de l'eau pleine de Petit Marseillais, une noisette de mousse sur chaque oreille, et le poil dressé, et trempé pour l'occasion. Je suppose que c'est ce qu'on appelle passer des larmes au rire. Ou l'inverse. Je sais plus.

« -
Lenaaaaaa, on est rentrés, viens aider à décharger les courses ! »

Mais oui maman, trempée, pleine de mousse, avec un chat en furie accroché aux cuisses. J'ai mieux à faire. Comme... sécher le téléphone !!! »

L.F.
Episode 4

# Posté le mardi 18 avril 2006 06:37

Modifié le lundi 23 juillet 2007 01:00

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