« Je me réveille en hurlant, des sueurs froides dans le dos. J'ai fait un cauchemar, je m'en rappelle comme si ça c'était réellement passé. J'ai peur, je tremble de tous mes membres, je mets longtemps à m'en remettre. Clémence, au dessus de moi... Je suis attachée, bâillonnée, et elle tient un immense couteau. J'essaye vainement de crier, mais elle me dit en ricanant «Ça ne sert à rien de crier, ma petite, personne ne peut t'entendre ! Maintenant tu vas mourir, sale lesbienne, si tu fais quelque chose d'aussi dégueulasse que d'embrasser une fille la vue du sang ne devrait pas t'effrayer ! » Et elle me poignarde avec son immense couteau, je me vide de me sang, mais avant que je sois morte elle me met sur un bûcher et je vois ma peau se tendre, puis se déchirer et fondre sous la chaleur. Je hurle le plus fort possible, mais elle rit encore et toujours, et je vois la fumée monter de mon corps brûlé, puis une miraculeuse inconscience m'emporte, et je me réveille.
C'était si réel que j'ai l'impression de porter encore les marques des brûlures sur ma chair, je passe ma main sur mon visage, sur mon ventre, mes jambes, mais je ne détecte rien. Pas une brûlure, même pas de la simple chaleur. Pourtant je fonds littéralement à l'intérieur...
A défaut d'arriver à me rendormir, je me lève et allume mon ordinateur. Angie n'est pas connectée, forcément vu l'heure qu'il est ! Le cadran de mon réveil indique 8h30, elle ne sera pas debout avant midi. Mon portable vibre, je me précipite dessus dans l'espoir que ce soit Clémence. Mais non, juste mon agenda qui me rappelle que j'ai répétition toute la journée. C'est vrai, j'avais oublié ! Ahhh, tant mieux, je verrais Angie ! Tient, ça commence à 10h ? Eh bien, ça tombe bien je ne suis pas tellement en avance alors ! Je vais doucher pour me changer les idées, fidèle à moi-même je ressors de la douche à 9h30 et m'habille. J'hésite longtemps devant mon armoire, puis sors un jean taille basse, large et long, et un T-shirt noir. Je me maquille, me coiffe et vais prendre un rapide petit déjeuner. Café, jus d'orange et ma mère m'appelle de la voiture. Tiens, elle s'est levée ? Je ne l'avais même pas remarqué !
Dans la voiture, pas un bruit. Je ne lui ai rien dit pour nous et je ne compte pas le faire de si tôt ! Quand je vois la réaction de ma meilleure amie, celle qui me connaît le mieux au monde avec Angie, alors en parler à ma mère qui ne me connaît pas et que je ne connais pas, merci bien mais non ! Pas pour l'instant en tout cas ! Elle aussi choisit de ne pas parler, elle doit être un peu dans le cirage, vu l'heure qu'il est. Elle me dépose au collège et repart, tout ça sans une parole.
Je rentre, espérant y trouver Angie le plus vite possible. Je mets mon sac au casier, tout en me disant que c'est bien tôt tout ça pour un dimanche matin...
Soudain, je la vois entrer, si belle, par la porte du collège. Elle est vraiment magnifique, ses cheveux bruns tombent en boucles sur ses épaules, ses grands yeux verts rayonnent et moi je dois sûrement pétiller de joie à l'heure qu'il est tellement je suis soulagée de la voir. Heureusement qu'elle est là, qu'est-ce que je ferais sans elle ?! Je lui fais la bise, par obligation, puisqu'il y a des gens dans le hall et que je ne peux donc pas l'embrasser... Devoir se cacher, ça aussi quelle plaie ! Mais si tout le monde est comme Clèm, ce n'est pas étonnant... J'ai une rage féroce contre elle qui grandit de plus en plus chaque minute, comme une bombe à retardement en moi, qui explosera le moment venu.
Après l'avoir saluée, je m'effondre dans les bras d'Angie, sur son épaule si réconfortante, l'aide qui me manquait... Je lui raconte tout, notre journée en ville si bien débutée, puis les hauts, le magasin, le café, la déclaration et sa réaction... Elle est outrée, elle a l'air de lui en vouloir autant si ce n'est plus que moi.
« - Je n'aurais jamais cru ça d'elle !!!! Jamais !!! Je pensais qu'elle n'était pas comme les autres ! Qu'elle au moins avait une once de compréhension, une once de gentillesse, de respect de l'autre !!! Je ne la considérais pas comme « tout le monde »...
- Je sais, c'est exactement ce que je me suis dit... Je ne comprends pas sa réaction, j'ai l'impression d'avoir été trahie ! »
Elle me prend dans ses bras, quand Clémence arrive. Dédaigneuse, elle ne rive pas son regard sur nous, va directement en compagnie d'Anna, Margot, et d'autres filles du projet. Pas un mot, pas un regard, rien ! Rien !! Je baisse la tête vers le sol, et Angie me fait un bisou sur le front. Nous nous soutenons, comme d'habitude. La matinée passe, elle nous ignore toujours. Je reste avec Angie, je l'ignore, elle m'ignore, alors que nous sommes deux meilleures amies, deux s½urs de c½ur, alors que nous pensions que jamais rien ne nous séparerait ! C'est vraiment trop bête...
Entre midi et deux nous mangeons à la même table que Clémence, Anna et Margot, mais voir Clémence faire sa pimbêche et m'ignorant royalement m'insupporte, alors je monte dans les couloirs. Angie me suit. Je vais aux toilettes, puis ressors et vais m'accouder à la balustrade, en regardant dans le vide, les yeux pleins de larmes. Elle me prend par la taille, m'essuie une larme et me retourne vers elle. Elle me souffle un « Ne pleure pas, s'il te plaît... », puis m'embrasse passionnément. Notre premier baiser depuis vendredi. Il me fait oublier Clémence, ses remarques, ses réflexions, tout le monde extérieur. J'entends un bruit derrière nous. Clémence, le visage inexpressif. Je la regarde.
« - Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, je ne pensais jamais un jour voir deux lesbiennes s'embrasser, c'est tout. »
Et elle s'en va. »
L.F.
C'était si réel que j'ai l'impression de porter encore les marques des brûlures sur ma chair, je passe ma main sur mon visage, sur mon ventre, mes jambes, mais je ne détecte rien. Pas une brûlure, même pas de la simple chaleur. Pourtant je fonds littéralement à l'intérieur...
A défaut d'arriver à me rendormir, je me lève et allume mon ordinateur. Angie n'est pas connectée, forcément vu l'heure qu'il est ! Le cadran de mon réveil indique 8h30, elle ne sera pas debout avant midi. Mon portable vibre, je me précipite dessus dans l'espoir que ce soit Clémence. Mais non, juste mon agenda qui me rappelle que j'ai répétition toute la journée. C'est vrai, j'avais oublié ! Ahhh, tant mieux, je verrais Angie ! Tient, ça commence à 10h ? Eh bien, ça tombe bien je ne suis pas tellement en avance alors ! Je vais doucher pour me changer les idées, fidèle à moi-même je ressors de la douche à 9h30 et m'habille. J'hésite longtemps devant mon armoire, puis sors un jean taille basse, large et long, et un T-shirt noir. Je me maquille, me coiffe et vais prendre un rapide petit déjeuner. Café, jus d'orange et ma mère m'appelle de la voiture. Tiens, elle s'est levée ? Je ne l'avais même pas remarqué !
Dans la voiture, pas un bruit. Je ne lui ai rien dit pour nous et je ne compte pas le faire de si tôt ! Quand je vois la réaction de ma meilleure amie, celle qui me connaît le mieux au monde avec Angie, alors en parler à ma mère qui ne me connaît pas et que je ne connais pas, merci bien mais non ! Pas pour l'instant en tout cas ! Elle aussi choisit de ne pas parler, elle doit être un peu dans le cirage, vu l'heure qu'il est. Elle me dépose au collège et repart, tout ça sans une parole.
Je rentre, espérant y trouver Angie le plus vite possible. Je mets mon sac au casier, tout en me disant que c'est bien tôt tout ça pour un dimanche matin...
Soudain, je la vois entrer, si belle, par la porte du collège. Elle est vraiment magnifique, ses cheveux bruns tombent en boucles sur ses épaules, ses grands yeux verts rayonnent et moi je dois sûrement pétiller de joie à l'heure qu'il est tellement je suis soulagée de la voir. Heureusement qu'elle est là, qu'est-ce que je ferais sans elle ?! Je lui fais la bise, par obligation, puisqu'il y a des gens dans le hall et que je ne peux donc pas l'embrasser... Devoir se cacher, ça aussi quelle plaie ! Mais si tout le monde est comme Clèm, ce n'est pas étonnant... J'ai une rage féroce contre elle qui grandit de plus en plus chaque minute, comme une bombe à retardement en moi, qui explosera le moment venu.
Après l'avoir saluée, je m'effondre dans les bras d'Angie, sur son épaule si réconfortante, l'aide qui me manquait... Je lui raconte tout, notre journée en ville si bien débutée, puis les hauts, le magasin, le café, la déclaration et sa réaction... Elle est outrée, elle a l'air de lui en vouloir autant si ce n'est plus que moi.
« - Je n'aurais jamais cru ça d'elle !!!! Jamais !!! Je pensais qu'elle n'était pas comme les autres ! Qu'elle au moins avait une once de compréhension, une once de gentillesse, de respect de l'autre !!! Je ne la considérais pas comme « tout le monde »...
- Je sais, c'est exactement ce que je me suis dit... Je ne comprends pas sa réaction, j'ai l'impression d'avoir été trahie ! »
Elle me prend dans ses bras, quand Clémence arrive. Dédaigneuse, elle ne rive pas son regard sur nous, va directement en compagnie d'Anna, Margot, et d'autres filles du projet. Pas un mot, pas un regard, rien ! Rien !! Je baisse la tête vers le sol, et Angie me fait un bisou sur le front. Nous nous soutenons, comme d'habitude. La matinée passe, elle nous ignore toujours. Je reste avec Angie, je l'ignore, elle m'ignore, alors que nous sommes deux meilleures amies, deux s½urs de c½ur, alors que nous pensions que jamais rien ne nous séparerait ! C'est vraiment trop bête...
Entre midi et deux nous mangeons à la même table que Clémence, Anna et Margot, mais voir Clémence faire sa pimbêche et m'ignorant royalement m'insupporte, alors je monte dans les couloirs. Angie me suit. Je vais aux toilettes, puis ressors et vais m'accouder à la balustrade, en regardant dans le vide, les yeux pleins de larmes. Elle me prend par la taille, m'essuie une larme et me retourne vers elle. Elle me souffle un « Ne pleure pas, s'il te plaît... », puis m'embrasse passionnément. Notre premier baiser depuis vendredi. Il me fait oublier Clémence, ses remarques, ses réflexions, tout le monde extérieur. J'entends un bruit derrière nous. Clémence, le visage inexpressif. Je la regarde.
« - Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, je ne pensais jamais un jour voir deux lesbiennes s'embrasser, c'est tout. »
Et elle s'en va. »
L.F.


