« Nous sortons de la boutique, Clémence s'extasiant sur son achat et piaillant encore plus que d'habitude. D'ailleurs elle piaille de remerciements, là. Elle est à deux doigts de me lécher les pieds. Je m'éloigne un peu d'elle pour plus de sûreté, et histoire de ne pas porter la responsabilité si la maréchaussée venait à l'arrêter pour l'interner en asile psychiatrique.
Moi je pense. Je me demande ce que je vais lui dire, si je vais lui dire et surtout comment je vais lui dire. Je peux pas lui lancer comme ça «Clémence, tu sais ce qu'il m'est arrivé ?! Je suis devenue lesbienne et figure-toi que je sors avec Angie ! » Non, non, ça va pas du tout. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire ?!
Clémence s'aperçoit de mon malaise et arrêter de s'extasier pour s'intéresser à ma tête de déterrée.
« - Ehhh, qu'est-ce qu'il se passe ma Lenoui... ma Lena ?
- Ben pas grand-chose... J'me pose des questions sur le... le type de relation que j'ai avec Angie.
- Ah. »
Petit blanc qui ne vaut rien de bon. Elle doit réfléchir au sens de ma maxime.
« - C'est-à-dire ? »
Comme de juste Einsteinette n'a pas pigé. Je vais devoir me fader l'explication du siècle au ralenti pour que tous les mots soient bien véhiculés jusqu'au cerveau. Non, j'exagère, je suis méchante là. C'est quand même ma meilleure amie au monde qui est irremplaçable. Mais n'empêche que dès fois on se demande s'il est au chômage ou juste en grève, Mr Cerveau.
« - Ben, tu vois quoi... Toi tu es sans contexte ma meilleure amie. Mais Angie est... beaucoup plus qu'une amie, plus qu'une meilleure amie même, sans te vexer, mais en même temps tellement moins !
- Hein ? »
Ça y est, le super cri de guerre, semblable au mugissement du bébé zébu attardé, apportant la preuve formelle et incontestable que Mr Cerveau n'est PAS en activité à l'heure qu'il est.
« - Mais c'est pas dur à comprendre ! C'est plus que de l'amitié, alors je me demande juste si c'est... tu vois, quoi, de l'amour...
- HEIN ? »
Mon dieu mon dieu, que cette fille est bête quand elle veut ! Bon, ok, tentons une autre approche... Je vais y aller direct, franco, mais je ne me porte pas responsable des troubles ou dommages mentaux qui pourraient suivre cette révélation.
« - Clémence... Angie et moi sortons ensemble.
- Angie et toi quoi ? J'ai mal comprit, j'ai cru t'entendre dire que tu sortais avec Angie.
- Ben pour être exacte j'ai plus dit qu'Angie et moi on sortait ensemble, mais j'crois qu'au final ça revient au même.
- Attends attends attends... Tu veux dire que... Tu es HOMO ?
- Non, je suis bi, nuance.
- Quelle nuance ?! Ça revient au même, tu sors avec une FILLE ! Or il se trouve que tu ES une FILLE !
- Noooooooon, c'est vrai ? Ah bon. Je me disais bien qu'il me manquait quelque chose entre les jambes, tu viens de résoudre le mystère qui planait sur moi depuis ma naissance. Merci beaucoup de ta précieuse aide, Clèm.
- De rien. »
Arghhhhhhh, ciel mais que cette fille est cruche !! Ne me dites pas qu'elle a vraiment cru à mon histoire de doute sur ma féminosité ?! Au secours !!
« - La nuance c'est que si un jour notre couple venait à casser, je ressortirais avec un mec ! Je ne suis pas plus homo que toi, je suis exclusivement attirée par Angie ! Sinon je ne regarde pas les filles dans la rue ou tout ce que tu veux, je suis attirée par les mecs autrement. Angie est une sorte... d'exception.
- Ah bon...
- Tu comprends ? T'es choquée ? Tu te dis quoi là ?
- Rien, sauf que je ne pensais jamais t'entendre me raconter que tu sors avec une fille...
- En même temps c'est mieux pour toi, ça t'enlève tes doutes ! Puisque je sors avec elle tu gardes ta place de meilleure amie que tu pensais avoir perdue !
- Ouais... »
Elle baisse la tête, je me penche en avant pour la regarder. Mais qu'est-ce qu'elle peut bien se dire, là ?!? C'est une des personnes à laquelle je tiens le plus, et je ne veux pas qu'elle réagisse mal. Je sais bien qu'avec ses parents c'est dur d'avoir l'esprit assez ouvert pour accepter ça en toute logique des choses, mais bon... Je me penche à gauche, toujours baissée vers l'avant, et relève une mèche de ses cheveux pour apercevoir son visage, en prononçant son nom. Manque de bol, mes pieds dérapent sur une plaque d'égout mal mise et je m'étale ridiculeusement de tout mon long sur la chaussée, devant le regard ébahi de Clémence et les rires justifiés des passants. »
L.F.
Moi je pense. Je me demande ce que je vais lui dire, si je vais lui dire et surtout comment je vais lui dire. Je peux pas lui lancer comme ça «Clémence, tu sais ce qu'il m'est arrivé ?! Je suis devenue lesbienne et figure-toi que je sors avec Angie ! » Non, non, ça va pas du tout. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir dire ?!
Clémence s'aperçoit de mon malaise et arrêter de s'extasier pour s'intéresser à ma tête de déterrée.
« - Ehhh, qu'est-ce qu'il se passe ma Lenoui... ma Lena ?
- Ben pas grand-chose... J'me pose des questions sur le... le type de relation que j'ai avec Angie.
- Ah. »
Petit blanc qui ne vaut rien de bon. Elle doit réfléchir au sens de ma maxime.
« - C'est-à-dire ? »
Comme de juste Einsteinette n'a pas pigé. Je vais devoir me fader l'explication du siècle au ralenti pour que tous les mots soient bien véhiculés jusqu'au cerveau. Non, j'exagère, je suis méchante là. C'est quand même ma meilleure amie au monde qui est irremplaçable. Mais n'empêche que dès fois on se demande s'il est au chômage ou juste en grève, Mr Cerveau.
« - Ben, tu vois quoi... Toi tu es sans contexte ma meilleure amie. Mais Angie est... beaucoup plus qu'une amie, plus qu'une meilleure amie même, sans te vexer, mais en même temps tellement moins !
- Hein ? »
Ça y est, le super cri de guerre, semblable au mugissement du bébé zébu attardé, apportant la preuve formelle et incontestable que Mr Cerveau n'est PAS en activité à l'heure qu'il est.
« - Mais c'est pas dur à comprendre ! C'est plus que de l'amitié, alors je me demande juste si c'est... tu vois, quoi, de l'amour...
- HEIN ? »
Mon dieu mon dieu, que cette fille est bête quand elle veut ! Bon, ok, tentons une autre approche... Je vais y aller direct, franco, mais je ne me porte pas responsable des troubles ou dommages mentaux qui pourraient suivre cette révélation.
« - Clémence... Angie et moi sortons ensemble.
- Angie et toi quoi ? J'ai mal comprit, j'ai cru t'entendre dire que tu sortais avec Angie.
- Ben pour être exacte j'ai plus dit qu'Angie et moi on sortait ensemble, mais j'crois qu'au final ça revient au même.
- Attends attends attends... Tu veux dire que... Tu es HOMO ?
- Non, je suis bi, nuance.
- Quelle nuance ?! Ça revient au même, tu sors avec une FILLE ! Or il se trouve que tu ES une FILLE !
- Noooooooon, c'est vrai ? Ah bon. Je me disais bien qu'il me manquait quelque chose entre les jambes, tu viens de résoudre le mystère qui planait sur moi depuis ma naissance. Merci beaucoup de ta précieuse aide, Clèm.
- De rien. »
Arghhhhhhh, ciel mais que cette fille est cruche !! Ne me dites pas qu'elle a vraiment cru à mon histoire de doute sur ma féminosité ?! Au secours !!
« - La nuance c'est que si un jour notre couple venait à casser, je ressortirais avec un mec ! Je ne suis pas plus homo que toi, je suis exclusivement attirée par Angie ! Sinon je ne regarde pas les filles dans la rue ou tout ce que tu veux, je suis attirée par les mecs autrement. Angie est une sorte... d'exception.
- Ah bon...
- Tu comprends ? T'es choquée ? Tu te dis quoi là ?
- Rien, sauf que je ne pensais jamais t'entendre me raconter que tu sors avec une fille...
- En même temps c'est mieux pour toi, ça t'enlève tes doutes ! Puisque je sors avec elle tu gardes ta place de meilleure amie que tu pensais avoir perdue !
- Ouais... »
Elle baisse la tête, je me penche en avant pour la regarder. Mais qu'est-ce qu'elle peut bien se dire, là ?!? C'est une des personnes à laquelle je tiens le plus, et je ne veux pas qu'elle réagisse mal. Je sais bien qu'avec ses parents c'est dur d'avoir l'esprit assez ouvert pour accepter ça en toute logique des choses, mais bon... Je me penche à gauche, toujours baissée vers l'avant, et relève une mèche de ses cheveux pour apercevoir son visage, en prononçant son nom. Manque de bol, mes pieds dérapent sur une plaque d'égout mal mise et je m'étale ridiculeusement de tout mon long sur la chaussée, devant le regard ébahi de Clémence et les rires justifiés des passants. »
L.F.
