Episode 5

« - Lena, qu'est-ce qu'il s'est passé dans cette salle de bain ?!? T'as invité Mr. Tsunami a prendre le thé ou quoi ?!? »

Monsie
ur Tsunami, à prendre le thé, dans une salle de bain. Non mais franchement, dès fois je me demande où ma mère va chercher tout ça ! En même temps, dès fois en m'entendant parler, on peut s'amener à se poser la même question. Au moins maintenant je sais d'où je le tiens. Bref, j'essaye de chercher une vague explication, quand Hulkette se remet à hurler.

« -Leee
eeeenaaaaaaaaa !!!!!!!!!!!!!!! POURQUOI le téléphone est-il enroulé dans une serviette de bain ?!?!? »

A
ïe... Je ne l'en ai pas sorti ? Oups ! J'étais pourtant sûre de l'avoir fait... Aurais-je des absences ? D'après ce que j'ai entendu Alzheimer se manifeste de plus en plus tôt. Il faut que je pense à croire la presse plus souvent.

«
- Maman, je ne peux pas venir, j'ai un devoir de maths à faire où je ne comprends strictement rien !!!!
-
Débrouille-toi, réfléchis un peu !
- Pff, t'es marrante... Au fait, demain je vais chez Clémence, sa mère nous emmène en ville.
- D'accord, je suppose que je dois te véhiculer là-bas ?
-
Ben... oui !
- Merci
de me prévenir... »

El
le finit de grommeler seule dans la salle de bain et moi je fulmine sur ma prof de maths. Quelle idée d'infliger un exercice pareil à de pauvres collégiens qui n'ont jamais rien demandé à Pythagore, Thalès, Chasles ou n'importe quel autre imbécile de grec qui, il y a des millénaires de ça, n'avaient rien d'autre à faire que de sauter de leur bain au moindre théorème trouvé dans le seul but de torturer les élèves du 21ème siècle. Propriétaire Terrien, tu déconnes, elle a déjà vu des propriétaires Martiens ou Jupitériens dans des exercices de maths ?!? Ça y est, je me retrouve encore à pleurer comme une idiote sur un problème de maths que je n'arrive pas à faire. Je suis trop stressée, je n'en peux plus, alors je me connecte.

« Ange
... : Salut ! Ça va ?
Et
oile de l'Ange... : Si tu veux vraiment le savoir, non ! Le devoir de maths me rend dingue, ma mère me hurle dessus, j'arrive à rien !!!
Ang
e... : Si tu veux je peux venir t'aider ?
Etoil
e de l'Ange... : ça ne serait pas de refus...
A
nge... : ok j'arrive, à tout de suite. »

Angi
e est vraiment génialissime !!! J'adoooooore cette fille ! Je souris jusqu'aux oreilles pendant les dix minutes qui précèdent son arrivée, quand elle sonne enfin à la porte. Je vais ouvrir.

«- Salut
... Merci encore de t'être déplacée...
- Oh, de
rien, je m'ennuyais de toute façon
- Viens on
va dans ma chambre. »

Je l'entraîne dans ma chambre et ferme la porte. On ne parle même pas, je suis bien trop stressée par ce devoir. On le fait donc, mais il nous faut quand même trois bonnes heures. Puis lorsque tout est remballé nous nous installons sur mon lit et parlons enfin.

« - Tu
sais, Lena, pour jeudi... Je ne voulais pas te gêner, je ne pensais vraiment pas que c'était ta bouche que j'avais frôlée, pour moi c'était ton écharpe !
- Je sais
, je sais, t'inquiètes.
- Nous n'aurions jamais
dû... Enfin, je n'aurais jamais dû... Je m'en veux tellement, t'imagines pas !
-
Ehhh, Angie, zen ! Ce n'est pas le drame de l'année ! Ce n'est pas comme si on s'était embrassées !
- C'
est vrai... Et puis aucune de nous deux n'est lesbienne, alors où est le problème ?
- Le probl
ème c'est que... Je l'ai... senti...
- Et alors
? Moi aussi je l'ai senti, même si j'ai cru que c'était ton écharpe !
- Non, je v
eux dire... J'ai... ressenti, quelque chose... Alors du coup maintenant je me pose beaucoup de questions... Est-ce que je suis homo ? Est-ce que je suis amoureuse de toi ? Etc., etc.
- I
l y a quelque chose que tu ne sais pas... Il y a quelque chose que tu ne sais pas... Il y a quelque chose que tu ne sais pas... »

La ton de
sa voix baissait au fur et à mesure qu'elle répétait cette phrase, et elle rougissait de plus en plus, comme si elle allait dire quelque chose de secret, quelque chose de... d'intime...

« - Qu'est-ce que je ne sais pas ?
- Eh bien... Moi, cette question... Si je suis amoureuse de toi... Je me la posais déjà avant... Avant ce Fameux Jeudi... »

Je p
ique un fard magistral. Est-elle en train de m'avouer qu'elle est amoureuse de moi ?! Mon c½ur bat à 1000 à l'heure, je sens ses coups dans ma poitrine, je suis si excitée que ça m'en fait presque mal. Mais pourquoi suis-je si pressée ? Je ne suis même pas sûre de l'aimer !
Je la
regarde, si belle, à quelques centimètres de moi, avec son regard vert planté dans le mien, et la seule chose que j'ai envie de faire c'est de l'embrasser passionnément. J'en conclus que je suis bel et bien amoureuse d'elle.

« - Angie
, je... Je... Qu'est-ce que tu essayes de me dire, là ?
-
Rien, que... Voilà, quoi... Je me demandais simplement si... Enfin, de quelle manière... Quelle est la vraie nature... De notre relation... »

Et si je lui disais ?, comme ça ? « Angie, je suis amoureuse de toi », rien de plus facile ! J'essaye, j'essaye, et pourtant rien ne sort... Elle voit bien que je n'arrive pas à parler, alors elle prend les devants. Cette fille est un vrai ange !

« -
Cette question je me la pose, et je cherche vainement une réponse, que je ne trouve pas...
- T
u me diras quand tu l'auras trouvée... Mais si tu n'as rien ressenti lors de ce baiser c'est clair pour moi que tu ne m'aimes pas... Tu l'as, toi, ta réponse...»

A ces simples mots, les larmes me montent aux yeux. Ça fait si mal de ne pas être aimée réciproquement ?... Oui, je suis amoureuse d'elle, il n'y a plus de doute...

« - Ça
me fait tellement mal, Angie, tu n'imagines même pas... Ça me fait mal parce que... Parce que... Parce que, moi, je crois bien avoir ma réponse...
- Et.
.. C'est quoi ta réponse ?
- Je... Angie, je crois bien que...
- Que ?
»

Dans ses
yeux je lis que je dois continuer, mais les mots ne veulent pas sortir. Alors je ferme les yeux, je respire bien fort et je le dis, comme dans un film, un rôle que je ne joue pas, je n'ai pas l'impression d'être moi.

« Angi
e, je suis amoureuse de toi. »

L.F
.
Episode 5

# Posté le mercredi 19 avril 2006 05:48

Modifié le lundi 23 juillet 2007 00:34

Episode 6

« Ça y est, je l'ai dit. Je n'y crois pas. Je viens d'avouer mon amour à Angie. Je rougis comme pas possible. Je n'arrive pas à assimiler ce que je viens de dire. Je m'insulte dans ma tête, je me raconte n'importe quoi : espèce d'imbécile, larve de limace, triple buse, quadruple circaète, quintuple koala...

« - Q
u'est-ce tu dis ?!?
-
Hein ? J'ai dit quelque chose ? »

Oh non
, pitié ne me dites pas que j'ai pensé à voix haute, ça serait la cerise sur le pompon ! Elle me regarde toujours de ses grands yeux étonnés et sourit pourtant malgré elle. Mon dieu, qu'est-ce qu'elle est belle ! Comme j'aurais envie de sentir ses lèvres contre les miennes en un long et tendre baiser ! Mais je suis trop timide pour faire le premier pas. Alors je me contente de la regarder, la tête penchée sur le côté, et de lui sourire. Bon, j'avoue, je lui prends aussi la main, mais rien que ce geste fait passer mon corps des 37° habituels à 60° minimum. Elle prend une grande inspiration et baisse la tête, pour la relever en même temps qu'elle parle.

« - Lena... Lena je crois bien que j'ai maponse...
-
Et... C'est quoi ta réponse ? »

Mon c
½ur bat à mille à l'heure, encore une fois. Et si elle disait qu'elle ne m'aime pas, qu'est-ce que je ferais ? Ou pire, si elle disait qu'elle m'aime, qu'est-ce que je ferais à part sourire béatement ?... Je commence à paniquer vraiment.

« Lena, je t'aime. Je suis amoureuse de toi, j'en suis sûre... Tout ce que je ressens, quand tu me touches, quand tu me regardes... Je pense à toi en permanence, je veux être avec toi tout le temps... Je t'aime, Lena, je t'aime. »

Effect
ivement, je souris, sur mon nuage. Bravo, j'ai dû être devin dans une autre vie, pour quelqu'un qui ne se connaît pas je fais fort ! Nous nous allongeons côte à côte sur le lit en nous regardant. Elle sait que je ne ferais rien. Je suis trop timide, trop pudique pour ça. Et puis, moi et les premiers pas, ça a toujours fait quinze ! Je n'arrive pas à rester en place après pareille déclaration. Ses mots repassent en boucle dans ma tête, je crois que je ne pourrais jamais les oublier. Et maintenant ? Qu'est-ce qu'il se passe maintenant ? On sort ensemble ? Est-ce que je peux enfin me considérer comme prise, plus célibataire ? Et que vont dire les autres ? Mes parents, ses parents, les autres du collège... Devrons-nous toujours nous cacher ? Faire semblant ?
Je me
sens soudain seule, si seule... Comme si j'étais la seule fille sur Terre à découvrir qu'elle est amoureuse d'une des personnes les plus importantes de son monde. Comme si j'étais la seule homosexuelle sur Terre. Et d'ailleurs, suis-je seulement homo ?

« - An
gie, et maintenant, qu'est-ce qu'il va se passer ?
- Comm
ent ça ?
- Ben o
ui ! Ok, on est amoureuses l'une de l'autre, et alors ? Ça change quoi ? On est deux filles !! On ne peut pas s'aimer ! C'est contre... contre la nature, contre eux !
- E
ux, mais c'est qui, « eux » ? Et c'est quoi la « nature » ?!? La nature c'est d'être fidèle à soi-même, ne pas renier ses sentiments, quels qu'ils soient !
- Les
autres, tout le monde, les gens normaux...
- Je t
e parais si anormale ? Tu te trouves si anormale ?
- J
'en sais rien... Je suis perdue, Angie...
-
Je sais, Lena, je sais. Je sais que c'est dur. Mais maintenant on est ensemble, et on sera toujours ensemble, d'accord ?
- D'accord... N'empêche que ça change rien !
- A
quoi ça change rien ?
-
Ça ne change rien au fait que je ne veux pas me cacher toute ma vie ! Je ne veux pas faire semblant de ne pas t'aimer, m'éloigner exprès, regarder autour de nous pour voir si personne ne nous regarde de travers ! Attendre que les rumeurs, les insultes, les propos injurieux tombent !
- Il ne
se passera rien de tout ça Lena. Je n'ai pas honte de ce que je suis, je n'ai pas honte de t'aimer, je suis même fière de t'aimer ! Fière de ce que je suis ! Que je le sois ou non, je n'ai jamais considéré le fait d'être bi comme une honte.
- Moi j'aurais beaucoup plus de mal à l'accepter...
-
Je sais bien, mon étoile... »

Elle me caresse doucement les cheveux, et je me laisse aller contre sa poitrine. J'entends son c½ur qui bat. Qui bat pour moi. Je souris malgré moi. Je suis si heureuse ! Je m'en fous de ce que pourront penser les autres. Je suis heureuse avec elle, et ils ne me voleront pas ça, ils ne me voleront pas mon bonheur.

«
- Et maintenant, Angie, qu'est-ce qu'il va se passer ?...
- Maintenant je vais t'embrasser... »

Elle penche la tête et je sens sa bouche contre la mienne. Les feux d'artifices éclatent, mon c½ur se brise de plaisir pour mieux se reconstruire, je suis totalement sous le charme, totalement soumise à elle. A mon grand regret, elle finit par reculer et ses lèvres me manquent déjà. J'ai la tête qui tourne un moment, incapable de marcher droit ou de seulement tenir debout. Puis je me rends compte de la situation : nous sommes ensemble. Nous nous aimons. Je vis. Heureuse. »

L.F.
Episode 6

# Posté le mercredi 19 avril 2006 05:55

Modifié le lundi 23 juillet 2007 00:34

Episode 5

Episode 7
« - Lena, qu'est-ce qu'il s'est passé dans cette salle de bain ?!? T'as invité Mr. Tsunami a prendre le thé ou quoi ?!? »

Monsie
ur Tsunami, à prendre le thé, dans une salle de bain. Non mais franchement, dès fois je me demande où ma mère va chercher tout ça ! En même temps, dès fois en m'entendant parler, on peut s'amener à se poser la même question. Au moins maintenant je sais d'où je le tiens. Bref, j'essaye de chercher une vague explication, quand Hulkette se remet à hurler.

« -Leee
eeeenaaaaaaaaa !!!!!!!!!!!!!!! POURQUOI le téléphone est-il enroulé dans une serviette de bain ?!?!? »

A
ïe... Je ne l'en ai pas sorti ? Oups ! J'étais pourtant sûre de l'avoir fait... Aurais-je des absences ? D'après ce que j'ai entendu Alzheimer se manifeste de plus en plus tôt. Il faut que je pense à croire la presse plus souvent.

«
- Maman, je ne peux pas venir, j'ai un devoir de maths à faire où je ne comprends strictement rien !!!!
-
Débrouille-toi, réfléchis un peu !
- Pff, t'es marrante... Au fait, demain je vais chez Clémence, sa mère nous emmène en ville.
- D'accord, je suppose que je dois te véhiculer là-bas ?
-
Ben... oui !
- Merci
de me prévenir... »

El
le finit de grommeler seule dans la salle de bain et moi je fulmine sur ma prof de maths. Quelle idée d'infliger un exercice pareil à de pauvres collégiens qui n'ont jamais rien demandé à Pythagore, Thalès, Chasles ou n'importe quel autre imbécile de grec qui, il y a des millénaires de ça, n'avaient rien d'autre à faire que de sauter de leur bain au moindre théorème trouvé dans le seul but de torturer les élèves du 21ème siècle. Propriétaire Terrien, tu déconnes, elle a déjà vu des propriétaires Martiens ou Jupitériens dans des exercices de maths ?!? Ça y est, je me retrouve encore à pleurer comme une idiote sur un problème de maths que je n'arrive pas à faire. Je suis trop stressée, je n'en peux plus, alors je me connecte.

« Ange
... : Salut ! Ça va ?
Et
oile de l'Ange... : Si tu veux vraiment le savoir, non ! Le devoir de maths me rend dingue, ma mère me hurle dessus, j'arrive à rien !!!
Ang
e... : Si tu veux je peux venir t'aider ?
Etoil
e de l'Ange... : ça ne serait pas de refus...
A
nge... : ok j'arrive, à tout de suite. »

Angi
e est vraiment génialissime !!! J'adoooooore cette fille ! Je souris jusqu'aux oreilles pendant les dix minutes qui précèdent son arrivée, quand elle sonne enfin à la porte. Je vais ouvrir.

«- Salut
... Merci encore de t'être déplacée...
- Oh, de
rien, je m'ennuyais de toute façon
- Viens on
va dans ma chambre. »

Je l'entraîne dans ma chambre et ferme la porte. On ne parle même pas, je suis bien trop stressée par ce devoir. On le fait donc, mais il nous faut quand même trois bonnes heures. Puis lorsque tout est remballé nous nous installons sur mon lit et parlons enfin.

« - Tu
sais, Lena, pour jeudi... Je ne voulais pas te gêner, je ne pensais vraiment pas que c'était ta bouche que j'avais frôlée, pour moi c'était ton écharpe !
- Je sais
, je sais, t'inquiètes.
- Nous n'aurions jamais
dû... Enfin, je n'aurais jamais dû... Je m'en veux tellement, t'imagines pas !
-
Ehhh, Angie, zen ! Ce n'est pas le drame de l'année ! Ce n'est pas comme si on s'était embrassées !
- C'
est vrai... Et puis aucune de nous deux n'est lesbienne, alors où est le problème ?
- Le probl
ème c'est que... Je l'ai... senti...
- Et alors
? Moi aussi je l'ai senti, même si j'ai cru que c'était ton écharpe !
- Non, je v
eux dire... J'ai... ressenti, quelque chose... Alors du coup maintenant je me pose beaucoup de questions... Est-ce que je suis homo ? Est-ce que je suis amoureuse de toi ? Etc., etc.
- I
l y a quelque chose que tu ne sais pas... Il y a quelque chose que tu ne sais pas... Il y a quelque chose que tu ne sais pas... »

La ton de
sa voix baissait au fur et à mesure qu'elle répétait cette phrase, et elle rougissait de plus en plus, comme si elle allait dire quelque chose de secret, quelque chose de... d'intime...

« - Qu'est-ce que je ne sais pas ?
- Eh bien... Moi, cette question... Si je suis amoureuse de toi... Je me la posais déjà avant... Avant ce Fameux Jeudi... »

Je p
ique un fard magistral. Est-elle en train de m'avouer qu'elle est amoureuse de moi ?! Mon c½ur bat à 1000 à l'heure, je sens ses coups dans ma poitrine, je suis si excitée que ça m'en fait presque mal. Mais pourquoi suis-je si pressée ? Je ne suis même pas sûre de l'aimer !
Je la
regarde, si belle, à quelques centimètres de moi, avec son regard vert planté dans le mien, et la seule chose que j'ai envie de faire c'est de l'embrasser passionnément. J'en conclus que je suis bel et bien amoureuse d'elle.

« - Angie
, je... Je... Qu'est-ce que tu essayes de me dire, là ?
-
Rien, que... Voilà, quoi... Je me demandais simplement si... Enfin, de quelle manière... Quelle est la vraie nature... De notre relation... »

Et si je lui disais ?, comme ça ? « Angie, je suis amoureuse de toi », rien de plus facile ! J'essaye, j'essaye, et pourtant rien ne sort... Elle voit bien que je n'arrive pas à parler, alors elle prend les devants. Cette fille est un vrai ange !

« -
Cette question je me la pose, et je cherche vainement une réponse, que je ne trouve pas...
- T
u me diras quand tu l'auras trouvée... Mais si tu n'as rien ressenti lors de ce baiser c'est clair pour moi que tu ne m'aimes pas... Tu l'as, toi, ta réponse...»

A ces simples mots, les larmes me montent aux yeux. Ça fait si mal de ne pas être aimée réciproquement ?... Oui, je suis amoureuse d'elle, il n'y a plus de doute...

« - Ça
me fait tellement mal, Angie, tu n'imagines même pas... Ça me fait mal parce que... Parce que... Parce que, moi, je crois bien avoir ma réponse...
- Et.
.. C'est quoi ta réponse ?
- Je... Angie, je crois bien que...
- Que ?
»

Dans ses
yeux je lis que je dois continuer, mais les mots ne veulent pas sortir. Alors je ferme les yeux, je respire bien fort et je le dis, comme dans un film, un rôle que je ne joue pas, je n'ai pas l'impression d'être moi.

« Angi
e, je suis amoureuse de toi. »

L.F
.

# Posté le dimanche 23 avril 2006 06:40

Modifié le lundi 23 juillet 2007 00:34

Episode 8

« - Ah, ma Lenouille ! Alors ma gothique d'amour, ça va ? Prête pour une journée de folie ?
- Et comment ! »

Nous mo
ntons dans sa chambre où je dépose mon sac. Sa chambre est toujours aussi vide et rangée, d'une atmosphère que je déteste. Sur les murs vert et jaune sont affichés quelques posters totalement impersonnels. Une grande armoire à miroirs est placée contre le mur de gauche, les rideaux sont tirés et les volets soigneusement fermés par son père. Le lit est fait comme dans un grand hôtel, les peluches posées symétriquement sur la couette de sorte qu'elles n'y fassent aucun pli. ¼uvre de sa mère. Seul le bureau est personnalisé à l'aide de quelques photos, des bijoux et beaucoup de bordel. La seule chose que j'ai toujours reprochée à ma meilleure amie, c'est d'être une fifille à ses parents, totalement soumise. Qu'elle soit de leur avis ou non, ils ont pour elle toujours raison. Elle n'ose pas ouvrir la bouche, ne peut ni s'habiller, ni se maquiller ou se coiffer comme bon lui semble, leur parle à la « Louis-le-Quatorzième-du-Nom », sans jamais hausser le ton ou dire quelque chose de contraire à ce qu'ils affirment. Un manque total de personnalité. Je fais toujours impasse sur ce défaut plus que flagrant quand je suis chez elle, parce que je ne le supporte pas.

J
e me place devant la glace et sort de mon sac mon rouge à lèvres noir, que j'étale soigneusement sur mes lèvres. Clémence entre et me regarde de haut en bas, des habits en passant par la coiffure (cheveux lâchés en dégradé, comme d'habitude) aux bracelets à piquants ou au collier assorti. Elle émet un sifflement.

« - O
uah, dis donc ma Lena, tu vas faire fureur aux Halles !
- N'im
porte quoi », je grommelle.

J'ai toujour
s refusé de me trouver le moindre charme. Pour moi, je suis et je resterais un gros sac mal fagoté. Je jette un ½il au miroir. J'y vois une fille, gothique, que je ne reconnais pas, aux cuisses gigantesques, aux hanches proéminentes, aux bras graisseux et au visage bien rembourré, sans aucun charme. Je ferme les yeux et les rouvre, persuadé que celle du reflet n'est pas moi. Cette fois, j'y découvre une jolie fille aux cheveux châtains clair avec des reflets couleur or. Elle a un magnifique sourire aux grandes dents blanches qu'envieraient n'importe quel dentiste et une expression sympathique et pleine de charme. Elle est assez grande, a une peau mate et de superbes yeux verts que le trait de crayon rend encore plus expressifs qu'à l'accoutumée. Elle est mince, les os de son bassin sortant à travers son pantalon qui la met en valeur. Je souris et malgré moi quelque chose me souffle à l'oreille « c'est toi ! ». Immédiatement, cette révélation refait apparaître la mocheté d'avant. Je laisse échapper un long soupir et me persuade en vain que ce n'est que mon imagination qui me rend plus laide que ce que je ne suis.
Je repo
rte mon regard sur Clémence. Elle, elle est vraiment belle. Des cheveux bruns en une coupe courte moderne, un visage fin, des yeux bleus électrique à couper le souffle. Si elle fait une dizaine de centimètres de moins que moi et en est moins mince, son sourire sincère, ses beaux yeux, sa sociabilité et sa peau blanche et douce attire beaucoup de monde. Elle est très bien habillée également, aussi blanche que je suis noire. Elle porte une jupe blanche flottante qui lui descend assez bas sur les hanches et met joliment sa taille en valeur, des chaussettes hautes et rayées blanches et noires avec des baskets blanches, et puis un chemisier blanc fripé qui laisse ses épaules apparentes. Je souris jusqu'aux oreilles, ébahie.

« - Ouah
, Clémence, tu es superbe !! Une vraie elfe ! Mais attends, je vais te maquiller, tu vas voir, Arwen et toi ne feront plus qu'une ! »

Elle rougit sous les compliments et se laisse faire. Je lui applique au-dessus et en dessous de l'½il du crayon blanc, et maquille sa paupière de bleu très pâle. Je lui rosit un peu les joues avec du fard à joues et donne du relief à ses lèvres pulpeuses avec du rouge à lèvres rose corail très clair et du gloss transparent par-dessus. Je la tourne vers le miroir.

« - Tada ! Voilà, Reine des Elfes, pouvons-nous y aller à présent ?
- Oh, Lena, c'est vraiment super, j'adoooore ce look ! Tu viens de révéler ma vraie personnalité !
- Génial, je viens de me trouver aussi : chercheuse de talents. Magnifique. Je vais révéler leur personnalité à des gens toute la journée, quoi de plus excitant ?
-
Oh, arrête de te moquer de moi !
- L
es filles, vous descendez, on y va !
- Ou
i Maman, on arrive ! »

El
le reprend sa fausse voie de petite fille modèle que je hais plus que tout. Je lève les yeux au ciel et soupire sans rien dire. Ça ne vaut même plus la peine, on en a déjà parlé mille fois et à chaque fois elle change de sujet quand elle s'aperçoit qu'elle n'a pas raison.
Nous descendons, et grimpons dans la voiture de sa mère. On parle un peu pendant le trajet, jusqu'à ce qu'on arrive au tram. Sa mère le prend avec nous jusqu'aux Halles puis nous prévient de la rejoindre à 17 h devant la station. On acquiesce gentiment, bouillant d'impatience. Hourra, nous avons la ville pour nous seules ! On attend qu'elle soit partie et prenons la direction opposée, bras dessus bras dessous en bonnes meilleures amies que nous sommes, et pleines d'enthousiasme. »

L.F
.
Episode 8

# Posté le dimanche 23 avril 2006 12:41

Modifié le lundi 23 juillet 2007 01:00

Episode 9

Episode 9
« Nous bavardons tout en marchant, et Clémence me jacasse dans les oreilles à propos d'un type quelconque, encore un ! Et après elle OSE se trouver horrible, alors que y'a des dizaines de mecs qui lui papillonnent autour. Le type en question semble s'appeler Thibault, et est « siiiii génial ! » Je ne comprends toujours pas comment elle fait pour arriver à me baragouiner ses conneries, piailler dans tous les sens avec d'immenses gestes ridicules et marcher sans regarder devant elle, tout ça en même temps. Moi j'ai déjà du mal à faire ces trucs les uns après les autres alors bon. Mais vous me direz, je suis un « cas ».

« Lena, tu sais
quoi ? »
Elle ne
me laisse absolument pas le temps de répondre, elle doit en conclure que je ne sais pas. Elle a raison.
« Je crois vraiment que je suis amoureuse de Thibault... »

Ah, la ré
vélation de l'année. Elle me fusille du regard, m'envoyant un message invisible de la pupille qui veut dire quelque chose comme « Tu réponds quand tu veux espèce de mollusque complètement endormi ! ». Je prends donc la peine de répondre à sa tirade dont je n'ai pas entendu la moitié.

« - Ecou
te Clémence, tu me bassines depuis un an avec ce mec. Ouah, Thibault est ci, Thibault est ça, Thibault fait ci, Thibault fait ça, et j'en passe. Et maintenant il te demande de sortir avec lui. Alors il me semble absolument évident que tu es amoureuse de lui !! Qui est-ce qui te condamne à te poser 72 milliards de questions en plus ?! Surtout que tu as déjà la réponse. Dis-lui oui, bon dieu !
- Mais je sai
s pas, tu sais j'ai du mal à oublier Phi-Long. Et Marco aussi était très gentil. Et puis Gautier, le copain de Thibault, me plaît bien aussi...
- Cl
émence, tu sais ce que tu vas faire ?
- Non mais
quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à le savoir.
- C'es
t MA phrase. Bref, passons. Tu vas écouter ta conseillère bécot qui te sert éventuellement de meilleure amie. Tu vas dire oui à cet imbécile de Thibault dont tu me rebats les oreilles depuis plus de 12 longs mois. Si jamais tu t'aperçois que tu ne l'aimes pas, tu le largues ! De toute façon dès que tu croises quelque chose dans la rue avec à peu près deux bras, deux jambes et un visage bien en place, doté bien sûr d'un appendice entre-jambal qui laisse tout à croire que c'est un garçon, tu craques pour lui. Alors, ô Bien-Aimée Clémence au C½ur d'Artichaut à la Moutarde à l'Ancienne, acceptes de sortir avec ce mec que tu ââââââiiiiiimes profondément, tu verras bien ensuite ce qu'il se passera !
- Tu a
s raison. Oh, regarde, la boutique de La Redoute ! Viens on s'arrête, j'ai repéré un super haut dans le magasine !»
Ouf, elle a enfi
n fini de me harceler avec l'autre naze. Maintenant, choix plus délicat, un vêtement ! En effet, si j'ai tendance à surnommer Clémence Bonne S½ur, ce n'est pas pour rien. La plupart de ses habits, que sa mère lui oblige à porter, sont des trucs immondes couleur monastère et fermés jusqu'au cou, où pas le moindre petit bout de peau ne dépasse. Alors qu'elle a des trucs vachement jolis dans son armoire, décolletés mais pas trop, courts mais pas trop, mais qu'elle n'a pas le droit ou ne veut pas mettre à cause de ses parents ou ses complexes, qui d'ailleurs n'ont pas lieu d'être (les complexes, pas les parents. Encore que...). Je la regarde donc tourner dans les rayons, pendant que j'ai la tête dans les nuages. Je pense à Angie, encore et toujours. Je me demande si elle pense à moi, ce qu'elle fait, et puis plus que tout je me dis que je n'ai rien dit à Clémence, pour nous. Mais d'ailleurs y a-t-il seulement un nous ? Officiellement on ne sort pas ensemble, suis-je prise ou bien immanquablement et toujours célibataire ? Elle ne m'a jamais rien demandé, comme dans les films où le garçon se met à genoux devant la fille, et les yeux dans les yeux, lui dit amoureusement « Accepterais-tu de sortir avec moi ? ». Non, rien de tout ça pour moi. En même temps, là, il manque le garçon dans l'histoire.
Dois-je
en dire quelque chose à Clémence ? Et si elle en parlait à ses parents ? Et si elle ne m'acceptait plus ? Et si elle me trouvait nunuche ? Et si elle trouvait cela dégoûtant ? En même temps, c'est ma meilleure amie... Pff, je me sens complètement perdue. Angie me manque, je voudrais juste lui parler. C'est alors que Clémence m'appelle, me tirant de mes pensées. J'accours et elle me montre un haut noir, superbe, un genre de corset lassé avec des chaînes argentées qui pendouillent de partout, style gothique. Il est sans manches et semble assez fin.

«
- Ouah, c'est magnifique...
-
Je me disais aussi, le genre de vêtement qui t'irait parfaitement.
- Le genre q
ue je porterais volontiers aussi. Malheureusement ma belle, nous sommes en hiver et cette fringue, aussi superbe soit-elle, semble plutôt d'humeur printanière. Et toi, t'as trouvé quoi ?
-
Ça, regarde. »

Elle me tend u
n col roulé noir avec un haut à manches trois-quarts blanc par-dessus, le tout uni, informe, inodore. Immonde. Je fais une grimace et fouille un peu parmi les rayons. Je finis par trouver un chemisier, manches trois-quarts également, multicolore, au teint chaud. Ce qu'il lui faut.

« - Super ! Je le prends, t'es un génie Lena ! Le haut que m'a conseillé ma mère est affreux ! Pas du tout moi...
- Non pas du
tout, je sais juste ce qui te va. Ce haut est beaucoup mieux, et... ça, c'est vraiment toi ! Bon, finit la rigolade, il faut que je te parle Clèm... »

L.F
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# Posté le mardi 25 avril 2006 05:39

Modifié le lundi 23 juillet 2007 00:34