Résumé

Voilà, c'est une histoire homosexuelle de deux filles qui se soutiennent, qui ont un besoin vital l'une de l'autre, un besoin qu'elles ne croyaient qu'amical. Jusqu'au jour où...

J'espère que vous allez aimer, laissez des commentaires sur les passages appréciés, et sinon c'est pas la peine, les propos injurieux où autres je m'en passe très bien ;) Merci d'avance.

L.F.
Résumé
# Posté le lundi 17 avril 2006 08:58
Modifié le lundi 23 juillet 2007 01:00

Episode 1

Episode 1
« Je suis assise sur mon tapis, en plein milieu de ma chambre, sans arriver à m'endormir malgré la fatigue qui monte en moi. Je pense, encore et encore. A ma déprime. A mon passé. Au «pourquoi» de l'existence. Sans trouver de réponse, comme d'habitude. Cette séance de méditation quotidienne est presque devenue habituelle. Je jette un ½il sur mon réveil qui m'indique qu'il est 2h passée. Ma conscience me souffle qu'il faut que je dorme, mais ai-je seulement encore une conscience ? Je repasse en vue mon passé qui me détruit, et jette un ½il sur les lames de rasoir pleines de sang posées devant moi. Mais je les range sans m'en resservir et vais me coucher.

Le lendemain, j
e me lève en retard, m'habille monotonement, tout de noir, sans prendre le temps de reposer une couche de vernis noir sur mes ongles. Je surligne mes yeux d'un gros trait de crayon noir, mets ma veste et mes chaussures (noires) et sors. Le froid m'irrite le visage et fait pleurer mes yeux. Est-ce juste le froid ? Mon bus arrive enfin, je monte dedans machinalement. Comme tout ce que je fais. Je ne vis plus que machinalement. J'ai l'impression de glisser sur un tapis roulant qui m'emporte sans que je ne puisse l'arrêter.
J'entre dans le
collège, personne ne m'attend, je n'attends personne. Je m'assois sur un banc dans le hall, et je vois Angie et Eva s'approcher de moi. Je leur fait la bise et les regarde me parler sans vraiment les écouter. Angie s'agenouille et me demande ce qui ne va pas. Un pâle sourire tout sauf sincère s'étale sur mes lèvres. Nous nous sommes beaucoup rapprochées toutes les deux au cours de l'été passé, depuis que j'ai Internet et mon ordinateur nous parlons ensemble, mais j'ai l'impression que c'est une corde comme les autres, et que dès que j'essaye de m'y accrocher elle lâche à son tour. Mais j'avoue que je ne m'attendais pas à ce qu'elle persiste, et je me suis étonnée à lui raconter mes malheurs, mes coups de blues, et même ce passé si lourd qu'elle m'aide à oublier. Elle compte maintenant tellement dans ma vie que ma plus grande peur est de la perdre.

« - Len
a, qu'est-ce qu'il ne va pas ?
- Rien !
Ça va très bien, j'te promets, c'est juste un coup de fatigue, j'ai pas beaucoup dormi cette nuit...
- C'e
st les vacances jeudi, il ne te reste plus qu'à endurer aujourd'hui, mardi, mercredi pour finir les derniers devoirs et jeudi soir, après la comédie musicale... La liberté !! »
Je souri
s malgré moi. C'est devenue une vraie amie en si peu de temps, une des personnes les plus importantes à mes yeux. Et puis nous nous sommes toutes les deux inscrites à une comédie musicale organisée par le collège, et c'est vrai que ça me remonte le moral.

La son
nerie finit malheureusement par retentir et Angie me guide vers notre salle de classe. Je m'installe sur une chaise et fais face à notre professeur d'anglais. Perdue dans mes pensées, je ne l'écoute pas et l'heure passe plus vite que ce que je n'aurais cru. Je me dirige vers ma salle d'histoire, et passe l'heure de la même façon, remerciant le ciel que je n'aie pas besoin de prendre de notes depuis 2h. Puis la sonnerie de la récrée me sort de ma torpeur et Angie et moi descendons dans la cour. Nous passons une journée pratiquement sans nous parler, ce qui est très étonnant. D'habitude nous nous murmurons des paroles et explosons de rire dans les couloirs sous le regard courroucé des autres élèves, puis nous prenons la main entre deux cours. Ce qui nous a déjà valu des rumeurs dans le dos : «Elles sont lesbiennes les deux troisièmes là-bas ?» Mais nous ne sommes pas le genre de filles à s'en soucier, j'ai apprit à m'en foutre de l'avis des autres, ça m'a déjà trop fait de mal, et Angie est comme ça de nature.
Donc,
inhabituellement, je pars pour mes 2h de latin avec Clémence, ma meilleure amie, toujours sans broncher. Elle s'éloigne dans la direction opposée et une larme coule sur ma joue froide...

La
journée se finit comme ça, et j'appréhende le lendemain. Je ne me connecte pas le soir, je ne suis même pas sûre d'avoir envie de lui parler... Cette situation m'inquiète, et me fatigue aussi. Ce soir je me couche sans broncher, tôt, pour oublier ma peine dans le sommeil. Pas de « rituel », pas d'admiration de la lune et des étoiles qui se reflètent sur les lames posées sur mon tapis, rien. D'ailleurs je jette ces instruments de torture, me promettant une bonne fois pour toutes de vivre ma vie sans penser au passé mais au futur. Mais une voix ne peut s'empêcher de me souffler « Quel futur ?... » Je lui répond ouvertement, et à voix haute « Angie m'aidera ! Et je m'aiderais moi-même ! » La voix se tait en même temps que s'ouvre la porte de ma chambre. Ma mère passe la tête par la porte. « Lena ? », souffle-t-elle doucement. Je fais mine de dormir, elle s'approche, me regarde, passe une mèche de cheveux derrière mon oreille et je m'efforce de ne pas broncher. Puis elle ressort, un sourire aux lèvres. Je m'endors, le même sourire fin sur les miennes. »

L.F.
# Posté le lundi 17 avril 2006 09:17
Modifié le lundi 23 juillet 2007 00:34

Episode 3

« Je me réveille en forme. Je ne sais pas pourquoi, mais je me mets en tête que cette journée ne sera pas comme les autres. Elle sera mieux, j'ai décidé. Beaucoup mieux. Je m'habille de couleurs vives : jeans, haut bleu, et me maquille de bleu également. Je laisse tomber la veste et les chaussures noires et opte pour du jean et du blanc. Je prends un petit déjeuner, chose que je n'ai pas fait depuis longtemps. Une fois l'estomac bien remplit, je prends mon sac et lance un «salut !» à la cantonade. Je vais attendre mon bus, mon mp3 sur les oreilles et en chantonnant. Je me sens d'une bonne humeur et d'une joie de vivre suspectes.

J'arriv
e au collège de bonne humeur et saute dans les bras d'Angie.
Immédia
tement, mon c½ur bat plus vite dans ma poitrine et une étrange boule apparaît dans la bas du ventre à la sensation de la sentir contre moi. Gênée, je recule et regarde le sol.
« - Excuse-
moi, je ne sais pas ce qu'il m'a prit...
- Pas beso
in de t'excuser, dit-elle en riant. Tu es de bonne humeur dis donc, ça cache quelque chose ?
- Non, j
'ai juste envie de profiter de la vie. Ou tout simplement de vivre.
- Ouaaaah ! Jamais je n'aurais espéré entendre un tel discours venant de toi !
- Eh b
en y'a un début à tout hein ?»
Je
lui fait un clin d'½il et vais saluer Clémence. Elle me demande comment ça va, je réponds « bien » franchement, pour la première fois depuis des mois. Qu'est-ce qui a donc changé en seulement quelques heures pour que je passe de l'état de cadavre ambulant à celui de fille pleine de joie de vivre en pleine forme ?
Mon regard gli
sse automatiquement sur Angie. Voilà ce qui a changé. Un ange est apparu dans ma vie. Même l'idée d'avoir deux heures de maths me dérange moins. Mais qu'est-ce que je raconte ?!?!? Deux heures de maths ?!? J'avais complètement oublié !! Et bien sûr je n'ai pas mes affaires... Voilà, je suis bonne pour une punition. Génial. Mon moral baisse en flèche, mais à la vue d'Angie il remonte instantanément. Elle me fait un sourire et je sens mon c½ur qui s'emballe tout de suite, sans que je puisse expliquer pourquoi. La prof nous fait entrer dans la salle, et quand je vais à son bureau lui dire que je n'ai pas mes affaires elle me donne des exercices supplémentaires à faire. Je marmonne que je les ferais et retourne à ma place. Seule. Je passe les deux heures à penser, sans arriverme à déterminer à quoi je pense. Enfin ça sonne, et je sors vite de cette salle maudite. Je prends directement la main d'Angie, par automatisme, comme si c'était naturel. Puis en me rendant compte de mon geste je la lâche brusquement, rouge pivoine.
« -
Euh... Excuse-moi, je suppose que... J'avais besoin de soutient... C'est les maths, ça... ça tue !
- Pas
besoin de t'excuser !! Pourquoi tu recules comme ça ?!? Ça me gêne pas, ça me dérange pas non plus, moi...
- Nan mais b
on voilà... Après tout, on est que des amies... Déjà que les gens croient que y'a plus, ça sert à rien de... mettre du bois sur le feu...
- Oh, l
e feu tu le laisses là où il est, les autres pareil. Ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent, ça m'est égal.
- Ma
is même, j'suis pas lesbienne moi !
- Moi
non plus, et alors ? Je le sais, MOI, inutile que les autres le sachent. »
Notre conversati
on nous mène dans la cour, où nous nous asseyons côte à côte.
« - Franche
ment, tu te verrais embrasser une fille ?!
- B
en jsais pas, pas vraiment, mais ça me choquerait pas, ou me dégoûterait pas, quoi. Pourquoi, et toi ?
- Ben... moi
non plus, je serais ni choquée ni dégoûtée, mais je me verrais quand même pas du tout embrasser une fille.
- J'y ai
jamais réfléchit en fait.
- Moi non plu
s... »

La journée s'achèv
e dans cet état d'esprit, joyeux mais penseur. Le mercredi passe en un clin d'½il et je retrouve Angie le jeudi matin. Je suis d'encore meilleure humeur que mardi dernier. Surtout que jeudi est la meilleure journée de notre emploi du temps. A la pause de midi, nous restons dehors, et je m'allonge la tête sur ses genoux. Je suis bien, là, calme, avec elle. Je me dis qu'elle est la personne qui compte le plus au monde, et que jamais, jamais, je ne la laisserais repartir. En fin de cours la conversation dévie sur l'année prochaine, le lycée, et automatiquement les larmes me montent aux yeux... Rien qu'à l'idée de me séparer d'elle, ou de la perdre de vue, la douleur que je ressens est indescriptible. Elle le sait très bien, et quand elle voit les larmes couler sur mes joues elle sait parfaitement que c'est à cause du lycée. Mais elle ne dit rien.
Pe
ndant la répétition nous ne sommes pas ensemble, et quand on se retrouve deux heures plus tard elle est au casier et moi adossée à un pilier du hall, emmitouflée dans mon écharpe et en train de pleurer, toujours pour la même chose. Elle s'approche de moi et me murmure « Non, Lena, ne pleure pas, s'il te plaît... » à l'oreille. Elle approche doucement son visage du mien, et essuie ma larme en même temps qu'elle essaie de me faire la bise. Résultat : ses lèvres frôlent doucement le coin de ma bouche. J'ai l'impression que le temps c'est arrêté, que ces quelques secondes durent une éternité. Dans mon c½ur j'ai l'impression que j'assiste à un spectacle de vagues qui s'écrasent sur les rochers, des feux d'artifices de toutes les couleurs, tellement lumineux qu'on ne sait plus lesquelles regarder. Mais cette seconde magique et improbable se finit et elle s'éloigne du coin de mes lèvres. Je suis sous le choc, et pourtant j'arrive encore à rougir. Elle me fait un bref salut et s'en va. Je finis par partir aussi, mais j'ai encore beaucoup de mal à assimiler ce que je viens de vivre. Je me pose une foule de questions : pourquoi ai-je ressenti quelque chose ? Et surtout pourquoi ai-je ressenti autant de choses ? Suis-je homosexuelle ? Et suis-je amoureuse d'Angie ?...
J'ess
uie la dernière larme sur ma joue. Ça n'a plus aucune importance. Ce que je viens de vivre est magique. Magique... »

L.F
.
Episode 2
# Posté le mardi 18 avril 2006 03:51
Modifié le dimanche 11 novembre 2007 09:31

Episode 3

Episode 3
« J'entre dans la voiture à mon père. Marilyne, une fille qui habite dans mon village, est assise à côté de moi. Je ne l'apprécie pas vraiment, trop timide, effacée et sans personnalité à mon goût. Pourtant je l'examine. Comment la regardais-je ? Et maintenant comment je la regarde? Différemment ? Comme une lesbienne ? Non, je ne ressens aucune attirance pour elle... Et n'en ai jamais ressenti. Une chose est sûre : je ne suis pas lesbienne. C'est avec cette idée que je m'efforce de transformer en certitude que je m'installe devant l'ordinateur en rentrant. Je vois avec satisfaction et joie que la fenêtre de conversation de Angie s'ouvre dès ma connection.

«
Ange... : Re, ça va toujours ?
Etoile de l'Ange : Ouais, ouais... »

Malgré moi je
ne suis pas vraiment franche. L'évènement de tout à l'heure m'a plus que troublée et je me demande si elle l'a remarqué, si ça la dérange, si elle a ressenti quelque chose, si elle se pose les mêmes questions que moi...

«
Etoile de l'Ange : Un peu... troublée, on va dire.
Ange... : Troublée par quoi ? Il s'est passé quelque chose ? Avec tes parents ?
Etoile de l'Ange : Mais non... »

Dois-je lui dire
? Ou non ? Va-t-elle me prendre pour une folle ?

«
Ange... : Lena, qu'est-ce qu'il se passe ?!? Je m'inquiète là ! Dis moi !
Etoile de l'Ange : Tu vas me prendre pour une folle...
Ange... : Mais non ! J'te promets ! Dis moi, s'il te plaît, je croyais que tu me faisais confiance ?
Etoile de l'Ange : Je te fais confiance !
Ange... : Alors dis moi... »

Les quest
ions se bousculent toujours dans ma tête, je n'en peux plus, elle va exploser, je vais devenir folle, on va m'enfermer, me mettre en camisole de force... Je dois lui dire, je n'ai pas le choix, si je garde ça pour moi c'est ce qu'il va m'arriver...

«
Etoile de l'Ange : Rien d'important, juste que je vais tourner folle... Tout à l'heure, juste avant que tu partes, quand tu m'as fait un bisou sur la joue, nos lèvres elles se sont frôlées et ça m'a fait trop bizarre, voilà jsais c'est trop débile vu que j'suis sure de pas t'aimer (d'amour, j'précise, enfin de celui là) et voilà, ça me rend dingue.
Ange... : lol, eh oh, tu crois que je vais t'embrasser ou quoi ?!? Ça va pas, c'est quoi ce doute ?!?
Etoile de l'Ange... : Angie, tu le fais exprès d'être naze ou quoi ? C'était pas fait exprès !
Ange... : Roooh, te vexes pas, je le sais... Et je l'ai senti aussi...
Etoile de l'Ange : Mais ne t'inquiètes pas, au cas où tu aurais un doute, je ne suis pas amoureuse de toi, et je ne suis pas lesbienne !
Ange... : Mais moi non plus je ne suis pas amoureuse de toi, je te rassure au cas où ça te faisait peur ! Bref, je dois y aller, ma mère m'appelle pour manger depuis une demi-heure ! A tout à l'heure ma puce. »

Ça ne m'a jamais
fait peur... Je ne sais plus, je crois même que ça m'aurait fait plaisir qu'elle me dise qu'elle m'aime, là... Je suis complètement perdue... Pourquoi est-ce au moment où je croyais enfin m'être trouvée qu'il faut que je m'aperçoive que je me suis trompée ? Que je ne me connais toujours pas moi-même ? Pourquoi est-ce que je me pose autant de questions ? Ai-je ressenti quelque chose ? Je suis sûre qu'elle, elle n'a rien ressenti... Suis-je homo ? C'est vrai que mes relations avec les autres garçons n'ont jamais été très approfondies, et plus basées sur ma peur de les embrasser où d'aller « plus loin » que sur de l'amour réel et sincère. La passion, je n'en parle même pas, je n'ai jamais connue aucune passion quelle qu'elle soit. Je repasse leurs visages dans ma tête. Plus aucun ne m'attire. Le visage d'Angie s'impose alors à mon esprit. Un visage doux, calme, sincère. Derrière sa personnalité que j'aime tant, c'est pour la première fois son physique qui m'attire, comme si elle était devant mes yeux en ce moment, exposée, pour que je puise l'admirer à tout loisir. Sa peau mate et douce, ses gestes posés et tendres, ses grands yeux verts attirants, ses cheveux châtains qui bouclent sur ses épaules, son sourire incomparablement rassurant... Malgré moi un sourire se forme sur mes lèvres. Et si, en fin de compte, j'étais amoureuse d'elle ?... La joie s'empare de tout mon c½ur, mais la réalité la rattrape. Si c'était le cas, il est fort probable que ce ne soit pas réciproque. Mais pourquoi ce geste alors ? Je suis bête, elle a dit elle-même qu'il n'était pas prémédité et encore moins volontaire ! Angie, être amoureuse d'une fille ?... Non, jamais. Elle a déjà eu des dizaines et des dizaines d'expérience, c'est une fille si attachante que n'importe qui s'entiche d'elle et voudrait la garder pour lui tout seul toute sa vie. D'ailleurs son dernier petit copain ne remonte pas à si loin... Mais maintenant que j'y pense, elle était plus souvent avec moi qu'avec lui. C'est vrai que rien qu'à l'idée d'être loin d'elle mon c½ur se déchire. J'ai toujours considéré ça comme de la simple amitié, plus forte que la moyenne mais sans plus. De la fraternité, même, l'envie de la protéger et qu'elle me protège.

Et si en fin d
e compte c'était plus ?... Je n'ai jamais même envisagé une seule seconde la possibilité qu'on s'aime comme un couple et pas comme deux amies. Mais si cela se réalisait... Qu'en penserais-je ?... L'idée d'être homosexuelle ne m'a jamais même effleurée l'esprit, je n'ai jamais rien eu contre les homos mais je ne les ai jamais considérés comme faisant partie du cadre restreint de ma vie. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Mais quand je pense couple, je pense directement homme+femme, jamais homme+homme ou femme+femme. L'idée d'avoir un esprit aussi fermé et stupide que la plupart des gens me dégoûte presque. Si j'aime Angie ? Je n'en sais rien, et même si je l'aimais, et alors ? Si j'étais lesbienne ? Eh bien je m'assumerais en tant que telle, comme j'ai toujours fait dans ma vie. Et si j'aimais Angie... Je me fais vite à cette idée, et dans l'éventualité où ça se révélait vrai, ça ne serait pas plus mal. Je l'intègrerait peut-être avec moins de difficultés... Mais qu'est-ce que je raconte ?!? Je parle d'aimer une fille, là ?!? Et qui plus est, Angie ! C'est quoi ce film, là ?!? Je suis tout ce qu'il y a de plus hétéro, moi !!!!
Et pourquo
i ça aussi ça me revient perpétuellement en tête ? Ce n'est pas une honte d'être lesbienne après tout !! Non, ce n'est pas une honte ! Et si j'aimais Angie... »

L.F
.
# Posté le mardi 18 avril 2006 04:05
Modifié le lundi 23 juillet 2007 00:34

Episode 4

«Le vendredi matin, je savoure jusqu'à midi au lit ma première journée de vacances. Quel bonheur de pourvoir dormir et se relaxer aussi longtemps ! Mon emploi du temps m'indique qu'à cette heure-ci en période scolaire je serais en latin. Latin !!! Beurk. Un sourire de satisfaction se dessine sur mes lèvres et je me décide enfin à me lever. Première chose que je fais : allumer l'ordinateur et me connecter. Angie n'est pas encore, normal, elle ne se lèverait jamais si tôt ! J'ai la maison pour moi toute seule, mon père travaille et ma mère a emmené mon petit frère et ma petite s½ur faire les courses. Je vais donc me faire mon habituel café du matin et décide d'aller prendre un bain, pour me relaxer. Je vais le faire couler et y verse des huiles essentielles et des sels relaxants aux odeurs parfumées. Puis, un bon livre en main, je laisse glisser ma robe de chambre sur mes épaules et rentre doucement dans l'eau tiède. Je laisse échapper un soupir de soulagement : les vacances, ça a vraiment du bon, même si celles-ci ne durent qu'une semaine. Mais le téléphone sonne, merangeant dans ma rêverie matinale. Enfin... pas si matinale que ça, puisqu'il est une heure de l'après-midi. Je sors en vitesse de l'eau, trempant au passage l'intégralité de ma salle de bain, et descends les escaliers à toute blinde. Je finis par décrocher à la 15ème sonnerie.

« - Allô ?
- L
ena ? C'est toi ?
-
Ah, Clémence... Bien sûr, qui veux-tu que ce soit ? Le pape ?
- Ha ha ha...
- Bon, il se passe quoi de si urgent pour que tu me déranges à l'aube dans mon bain ?
- A l
'aube, non mais je rêve. Houston appelle la base, prière de redescendre sur la planète Terre !
-
Quel humour renversant... »

Tout
en parlant je retourne dans la salle de bain et rentre à nouveau dans mon bain en m'efforçant tant bien que mal de ne pas mouiller le combiné.

« -
Alors Lenouille, qu'est-ce que tu racontes ?
- Clémence, appelle –moi encore une fois comme ça et je t'appelle clémentine, ok ?
-
Roooh, t'énerves pas, c'est bon...
- G
rrmmph...
- B
ref, en fait c'était pour te dire que tu peux venir demain après-midi si ça te branche, mes parents sont d'ac. Ma mère a proposé de nous emmener en ville.
-
Géniaaaaal !!! Ouais et comment que j'marche ! Je viens à quelle heure ?
- Be
n comme tu veux, le matin, et tu manges chez moi ? Pour pas qu'on parte trop tard
-
On fait comme ça ! »

Je s
uis enchantée qu'elle vienne me changer les idées. Au moins je penserais moins à Angie. Ah, Angie... ! Cette fille, vraiment... Pffff, et toujours pas réussi à élucider le mystère du « suis-je amoureuse d'elle ? » complété par l'intrigue du « suis-je lesbienne ? », roman en 2 volumes pleins de questions à ras bord.
Bon, je sors à regret de mon bain. Je ferme mon livre et le pose délicatement sur le bord de la baignoire, quand je vois la porte s'entrebâiller. Une grosse silhouette poilue et se déplaçant à quatre pattes entre dans mon univers aquatique. Félix, mon chat à moitié obèse qui passe ses journées à manger et dormir, le tout en ronronnant en permanence.

« -F
élix, qu'est-ce que tu veux ? Non, Félix, ne... FELIX !!!!! Si tu grimpes sur cette baignoire je te jure que tu vas te retrouver à l'état de pantoufle plus vite qu'il ne te faut pour ingurgiter une gamelle de ton immonde pâté !!!! »

Bien s
ûr cet imbécile pataud de service ne m'écoute pas et ça ne lui viendrait même pas à l'esprit de me répondre à ce malpoli. Plouf ! Mon livre tombe à l'eau et je n'ai même pas le temps de prendre mon souffle pour lui hurler dessus qu'un « glou glou glou » emporte le téléphone dans les abysses de la baignoire. Ce chat m'étonnera toujours, je pense qu'il mérite un prix Nobel de connerie après le geste qui suit : comme s'il voulait repêcher mon illustre bouquin et le téléphone noyé, il plonge sa patte dans l'eau. Or rien que sa patte doit peser au bas mot 2 kilos, et l'entraîne donc à son tour dans la flotte. Je suis morte de rire devant ce spectacle de mon sumo de chat essayant vaguement de nager au milieu d'un livre trempé et d'un téléphone noyé qui, effectivement, va pleurer au moins autant que ma mère quand elle le découvrira. Mais quand Félix s'accroche à l'aide de ses griffes enfouies quelque part sous la graisse et que cette découverte archéologique s'enfonce dans mes pauvres cuisses meurtries, c'est tout de suite beaucoup moins drôle.
Je
suis en train de hurler à la mort quand j'entends une voiture entrer dans la cour. Je repêche le téléphone et le livre que je pose sur le radiateur, puis pour finir le chat. Je le pose sur le tapis et il se met à cracher de l'eau pleine de Petit Marseillais, une noisette de mousse sur chaque oreille, et le poil dressé, et trempé pour l'occasion. Je suppose que c'est ce qu'on appelle passer des larmes au rire. Ou l'inverse. Je sais plus.

« -
Lenaaaaaa, on est rentrés, viens aider à décharger les courses ! »

Mais oui maman, trempée, pleine de mousse, avec un chat en furie accroché aux cuisses. J'ai mieux à faire. Comme... sécher le téléphone !!! »

L.F.
Episode 4
# Posté le mardi 18 avril 2006 06:37
Modifié le lundi 23 juillet 2007 01:00